mercredi 27 juillet 2016

Charles Baudelaire - Les Fleurs du mal

La femme ou le chat:
Enivrante et acérée
Pivoine de givre
Bodoreiyû Sharyûgatarô


Source :
 Le Chat

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d'agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

Charles Baudelaire, "Le Chat", Les Fleurs du mal

lundi 25 juillet 2016

William Burroughs - Entre chats

Le chat obligé
paye sa dette en caresses
Loin de l'or des blés

- Burôfukuta Wirihamutarô




Source :
"9 août 1984 jeudi. 
Ma fréquentation des chats m'a sauvé d'une ignorance crasse et incurable. Quand un chat des granges trouve un maître humain qui l'élèvera au rang de chat d'appartement, il a tendance à trop en faire dans la seule direction qu'il connaisse : en ronronnant, en se blottissant, en se frottant et en se roulant sur le dos pour attirer l'attention sur lui. Maintenant je trouve ça extrêmement touchant et je me demande comment j'ai pu le considérer comme une gêne. Toutes les relations reposent sur l'échange, et chaque service a son prix. Quand le chat est assuré de sa position, il devient moins démonstratif, ce qui est normal."
- William Burroughs, Entre chats

(photo : Patapogawa Dafunosuke)
 

vendredi 22 juillet 2016

Raymond Radiguet - Le Diable au corps

Le verre brisé
fait les délices du chat
Chaleur de l'été



- Radigyutei Raymonosuke


Source :
"Je n'ai jamais été un rêveur. Ce qui semble rêve aux autres, plus crédules, me paraissait à moi aussi réel que le fromage sous la cloche de verre. Pourtant la cloche existe.
La cloche se casse, le chat en profite, même si ce sont des maîtres qui la cassent et s'y coupent les mains."
- Raymond Radiguet, Le Diable au corps